vendredi 6 novembre 2009

jeudi soir

il y a du monde et du rhum, nous dansons, ricanons, faisons du blabla de toute la force de ma salive, surtout ne pas réfléchir, ne pas nous interroger, genre: est ce que la liberté que nous recherchons c'est celle du moment, celui là et tous les autres où on était trop déchirés pour mémoriser les purs moments de lucidité, d'éloquence grossière et efficace, est ce que c'est ça notre marge pour exister comme nous le voudrions?
Pas le temps de répondre à la question, rejoignons les autres

samedi 24 octobre 2009

Le mot en S

On sort de chez moi, avec Mamie Antigone, je porte une jupe, pas dans un but particulier, ça m'arrive.
On croise un groupe de jeunes hommes, l'un d'entre eux se retourne sur mon passage, puis commente, d'une voix aussi forte que le permet l'abus d'alcool un jeudi soir rue Ecuyère:
"T'AS VU LA SALOPE!"
Je me retourne, et pour une fois je n'ai rien à dire, ma grande bouche reste ouverte, un léger appel d'air, mon temps de réaction est suffisamment long pour que Mamie fasse volte-face et lui dégaine son majeur. Tentant de reprendre contenance, je balbutie
"J't'emmerde!"
L'incident est clos, on reprend la route, Mamie est scandalisée, moi muette, j'ai brusquement déssoûlé.

Ce n'était pas le premier, et ce ne sera pas le dernier, tu peux quoi contre ça?

Avec mon cerveau plein de théories fumeuses et d'idées fantaisistes sur le respect et l'égalité
je me suis faite castrer par un post adolescent bourré.
Avec une phrase des plus banales.
Niée. J'aurai volontiers fait usage de la force, rallié toute la rue à cette scandaleuse agression pour un lynchage improvisé, demandé à ce viril représentant du sexe fort si sa mère portait des jupes que rien n'aurait changé à ça.
Je suis une salope.

Alors quoi, on forme une milice de salopes, on exécute l'indélicat à titre d'exemple, plus jamais ça, désormais nous ferons la loi nous-même dans les rues, on tire à vue sur les hommes avec des sous vêtements en lycra reconvertis en lance-pierres, on organise des processions, avec des tampons usagés enflammés en guise de torches, on organise des rafles dans la ville pour faire des strings aux hommes en tirant sur leur caleçon bien haut vers le ciel, on baisse leurs frocs, on les viole, on les force à porter des jupes, et le mouvement s'intensifie, de partout les femmes nous rejoignent, ils vont payer on leur fait manger du rouge à lèvres, on leur enfonce les talons de nos chaussures dans le cul, on les émascule, et puis, on marche sur la capitale, on séquestre le président, on exige des résultats, des changements, même si des offenses pareilles ne pourront jamais être réparées, pardonnées, désormais le pouvoir nous appartient, le sort en est jeté...
Non
On baisse la tête.
Et on hausse les épaules
par Prostate

vendredi 25 septembre 2009

c'est quand tu veux

La curiosité est mon principal moteur. Quand j'observe l'image que la société me renvoie du sexe, je perçois comme une fausse tentative de communication.

Ce que l'on veut bien nous montrer, ce qui transparaît dans les médias, les phénomènes de société, ne semble qu'être une version excessive et déformée d'une réalité contradictoire.

Il n'y a aucun équilibre, aucune logique entre l'excès de censure dans certains domaines, la démagogie la plus totale à l'égard des discriminations sexuelles, la dénonciation de la pornographie, la persistance d'un modèle patriarcal faussement renouvelé, le climat omniprésent de violence sexuelle et cette espèce de mode qui arrange le sexe à toutes les sauces pour vendre du yaourt allégé, des voitures et la musique.

Les personnes qui m'entourent sont toutes perturbées par le sexe, par des clichés

qui l'entourent, elles ne se sentent pas elles-mêmes dans une sexualité qui ne leur appartient pas, mais qui appartient à des clichés bien ancrés à des tabous insurmontables.

Je suppose que les premières confidences sur la sexualité que j'ai pu recueillir partaient d'un malaise, et c'est ce qui m'a donné envie de les évoquer.

De questions, de doutes, de petites théories personnelles, le genre de certitudes que l'on garde pour soi, parce que c'est trop intime, ou trop banal.

Je suis défini par mon sexe, définie? Comment? Et je veux la vérité, pas des définitions

Pas de raccourcis, je veux qu'on me parle. On ne peut plus parler de sexe, parce que l'on en parle trop, partout.

Tout est déjà supposé dit, assumé.


D'accord et après? Je ne me définit pas sexuellement, si j'essayais je me retrouverai face à une formule pathologique. Je ne veux pas qu'on me traite de libertin parce que j'ai parfois envie d'aller voir ailleurs, de sado-maso parce que je trouve la souffrance érotique, de pervers parce que j'aime expérimenter des sensations qui me sont étrangères "juste pour voir", de lesbienne parce que les filles me plaisent, de pédé parce que les garçons me plaisent etc...

J'ai l'impression constante que les définitions de la sexualité sont des statuts sociaux, des petites cases bien rangées qui ne peuvent souffrir aucune entorse, aucun mélange.

Et chaque tentative d'intégrer sa sexualité à "autre chose", à sa vie en dehors d'un contexte établi, d'une définition bien assimilée, est vaine. Ce n'est qu'un "à côté", cela ne peut évoquer rien de nouveau, en dehors d'images que l'on connaît, que l'on croit bien connaître et maîtriser. Et je suis convaincue que cette illusion de contrôle masque la chose inverse, ce sont nos corps et nos esprits que l'on essaye de maîtriser. Nous ne sommes que des illustrations, le résultat de ce que la pensée collective et l'environnement ont fait de nous.

La vision actuelle de la sexualité me dépasse, je vois la mienne comme unique, et pourtant ce n'est qu'un échantillon banal de pratiques démontrées et même démodées. Et pourtant ce n'est pas le cas, ma sexualité n'appartient pas à tout le monde,et je n'appartiens pas à ma sexualité, je ne devrai pas avoir à justifier de mon émancipation,de mes capacités au plaisir, ou de mon expérience.


La question qui tourmente le PG est celle de notre vision de la sexualité.

Et quand je dis la notre, je ne vais pas dans le sens d'une vision unique et universelle, qui peut convenir à tout le monde, bien au contraire. Le simple fait de se questionner sur sa propre sexualité et questionner les autres peut donner lieu à bien des surprises, des débats, des questionnements.

Et tout cela laisse à penser qu'il y a un réel décalage entre ce que nous croyons savoir, penser, désirer vouloir et vivre et notre réalité, ce que nous savons vraiment, pensons, désirons, voulons et vivons.

Ce que nous croyons vouloir vivre, ce que nous pensons désirer, tout cela s'accumule en quantités, en schémas exponentiels, rien n'est égal, tout est contradictoire.

Il y a une vraie fracture entre la sexualité et ma sexualité.

C'est cet écart que nous voulons démontrer,que nous voulons dénoncer, et qui nous sert de mode d'expression. Si ce malaise doit perdurer, car en dehors de la catharsis pure et simple, nous n'avons aucune solution miraculeuse à proposer contre le climat oppressif et normatif vis à vis de la sexualité, nous pouvons toujours nous indigner, en parler, l'écrire, le chanter, et ce plaisir nous appartient.

Notre vision n'est pas juste et bonne, c'est simplement la notre, ce que nous voulons, c'est l'enrichir d'expériences, d'opinions. Le but à atteindre n'est ni l'exhaustivité ni l'universalité, mais de l'omniprésence, du dialogue, une juste mesure de satisfaction et de frustration pour persister dans une simple démarche cathartique, défoulement, crackage, pétage de plomb, purification, destruction, création, prise de conscience.


par Lolo Coast

jeudi 20 août 2009

On s'explique

Les questions qui sont posées au PG, par les curieux, les aspirants partisans ou même les détracteurs reposent toujours une même problématique, la définition.
"Quel rapport le PG peut-il avoir avec les Beaux Arts? Mais pourquoi comme ça? J'ai pas compris votre concept!"
Cet article peut répondre à quelques questions que vous pourriez vous poser.

1. Quel rapport le PG peut-il avoir avec les Beaux Arts?
Notre approche des Beaux Arts ne s'implique pas tant dans la réalisation plastique que dans un propos par rapport à la sexualité et à la vision que n'importe quel individu peut en avoir, qu'il s'intéresse à l'art ou pas. Ce que nous créons c'est une vision avant tout. Le travail plastique (collages, musique, vidéos, entre autres) sans être secondaire ou accessoire, est une continuité de ce que nous exposons ici, de ce que nous apprenons de nous, des autres. Le travail d'écriture,d'analyse, de réflexion et d'expérience constitue la base du PG et est à notre sens, la meilleure manière de rassembler, de faire passer nos opinions. Les réalisations plastiques constituent des exemples, parfois des illustrations, des concrétisations.
Il y a un certain de degré de difficulté à faire des allégories, en tenant compte de cette dimension de vécu, d'identité, d'imagination.
C'est pourquoi le travail plastique est si peu présent ici, mais il viendra.

Le PG est également convaincu du potentiel artistique de chacun et se réclame de Valie Export dont la devise est "Toujours et Partout"

2. Pourquoi comme ça?
Notre vision de l'art ne repose pas sur l'idée du beau ou du bien, elle repose sur un souci de réalité, pas de réalisme.
Le témoignage s'impose donc de lui-même comme le moyen le plus sûr de transmettre nos préoccupations.

3. J'ai pas compris votre concept?
Le PG est anti conceptuel puisqu'en éternel questionnement.
NOUS NE SOMMES PAS UN CONCEPT.
Le concept, selon nous, est une la représentation bien définie d'une idée, quelque chose de figé, auto suffisant, souvent immuable.
Ce n'est pas le cas de notre démarche, qui se sert du relationnel dans un but principalement cathartique, une démarche mouvante qui ne sera jamais chose établie mais constante recherche.
Concept est un terme suffisamment surfait pour que nous ne l'imposions pas.
Certes nous manions, utilisons des concepts, l'idéologie politique dans un but apolitique, le féminisme, l'art sociologique mais selon nos propres définitions.

Quelques liens utiles:

le site de Valie Export (en anglais)
les sites de Fred Forest, précurseur de l'art sociologique

à lire:
Nicolas Bourriaud: Postproduction
L'esthétique relationnelle