Sommes nous pour ou contre, les bons ou les méchants?
Le peuple quand il pose son regard grégaire et désabusé sur nous, nous interroge: « Mais que revendiquez-vous? Quel est votre but? Ce but est-il le notre? » Ce que personne n’a saisi c’est que toute notre énergie se concentre sur des réponses apportées à des questions qui ne se posent pas, sur des questions qui ne demandent pas de réponse. Brasser du vide dans un temps indéfini, en pleine dépossession de nos moyens, pure autarcie, voilà ce qui nous lie les uns aux autres.
Nous contemplons nos propres existences comme des automobilistes; ralentissant aux abords d’un accident de voiture, histoire d’observer les dégâts de loin, de saisir l’horreur et les débris en pure perte, sans salut ni main tendue; sans autre préoccupation que celle d’un voyeur, pas loin d’être pris en faute, se délectant quand même d’un peu de chair carbonisée, entremêlée artistiquement à l’habitacle, dans le glissement soyeux de l’huile de moteur.
Que sommes-nous sinon un soupir ravalé qui gonfle à l’intérieur de nous, une plaie béante à la saveur salée dont on se pourlèche à l’avance tant ce sera amer.
Qui sommes-nous sinon l’agglomérat kystique, de ce que l’on a fait de nous?
Nous y voilà, qui est cet « on ». Qui est cet ennemi inconnu, aux mille visages, qui porte suffisamment de masques pour qu’on ne puisse jamais réellement l’identifier pour s’y attaquer, une bonne fois pour toutes. Qui sont ces gens, qui est cette entité, ce tout crée de rien qui est devenu graduellement notre oxygène?
Qu’on ne puisse jamais s’y attaquer, cela les arrange comme il le faudrait, et comme il se doit nous en sommes les victimes consentantes. Quelle réponse satisfaisante pourrions nous fournir à la question « Que voulez-vous? » Nous avions des rêves. Désormais nous attendons que l’on nous en donne. Donnez-nous du rêve Désormais, notre secret espoir, est d’en obtenir un qui nous appartienne, que l’on arrête de nous en donner, comme si c’était gratuit. Nos rêves qu’en avons-nous fait? ! Donnez nous quelque chose de concret, pas forcément palpable, pas forcément réaliste, mais toujours idéal sous conditions, à intervalles réguliers, une dose thérapeutique de volonté de possession. Faites toujours semblant avec nous, car le jour où il faudra nous dire la triste vérité, nous refusons de croire à notre infortune, à notre impuissance, à vos mensonges éhontés dévoilés sous la forme la plus séduisante tellement crédible.
Cet état de faits est tellement insupportable que chaque main tendue vers le monde réel, chaque regard posé sur l’existence est une frustration, une lâche concession au commun des mortels, un cessez le feu de nos désirs, de nos réelles aspirations au monde, la volonté de puissance, d’existence ne fera plus jamais partie de nous, nous sommes lâches, nous sommes des êtres sans volonté de changement, ce qui nous lie c’est cette sensation d’oppression permanente du vouloir. Si seulement nous pouvions ne plus jamais rien vouloir, et surtout ne rien obtenir, ne rien chercher à obtenir, se débarrasser de toutes nos illusions, de toute cette hypersensibilité trop abstraite pour
nous reposer ne serait-ce qu’un instant. Si seulement nous pouvions ne rien concevoir, ne jamais rien créer, ne jamais rien entreprendre, pour ne pas réussir, ne pas échouer non plus, qu’on puisse seulement s’arrêter de respirer, se laisser porter, sans aucune conscience, sans aucun souvenir, aucun héritage, aucune connaissance, pas de perte, pas de gain, rien de rien. Nous prenons naissance, nous prenons racine, dans le négatif, dans l’absence de ce que nous sommes, il ne pourra jamais en être autrement.
par Prostate
Collectif d'individualités sujet à controverse sexuellement désorienté, politiquement abattu mais qui en débat et se débat dans ses ébats, pas toujours consentant. L'expérience est notre science, notre outil pour afficher notre conscience, ce que vous avez à dire sur le sexe, du général, au particulier, n'importe quoi nous en voulons. rejoignez-nous c'est gratuit, sans engagement,un cadeau surprise pour chaque nouveau membre!
vendredi 12 février 2010
mercredi 27 janvier 2010
Dies irae
La fureur adolescente nous guide. Parce que nous regrettons cette époque où la colère était inexplicable, omniprésente. Même si elle n’avait de sens pour personne, elle était là pour qu’on la sente, c’était un sentiment, l’expression sincère de toutes nos frustrations, de tout notre désarroi. Désormais la colère n’est plus. La colère est une condition d’accès à un hypothétique confort, la colère n’est plus qu’un symptôme systématique d’un mode de vie mesquin et individualiste, qui se perd en justifications, la colère est un moyen, alors que nous la voyons comme une fin, voire une faim. L’appétit de ce frémissement, tumulte intérieur, crispation des maxillaires dans une lâche tentative de juguler une immense vague de ressentiment.
Enfin, la béance d’un cri qui n’en fini pas de résonner.
Un désir d'exister en tant qu'individus et masse mouvante à la fois, contagieuse séduction, nous pousse à propager la mauvaise parole sans trêve au risque de cultiver l'oppression et la tyrannie, un simple transfert de ce que nous vivons au quotidien,
J’accepte que notre proposition soit dénuée de sens, même que ce ne soit pas une proposition, surtout de l’esbroufe, histoire de se divertir, de faire semblant d’être libre, peu importe je sais que j’ai raison, nous savons que nous avons raison.
Etre injuste est le dernier luxe que l’on se permet lorsqu’on n’a plus aucune illusion vis-à-vis du monde qui nous entoure. C’est là qu’on décide que ce sera le monde qui nous entourera. Que nous n’aurons plus à faire avec, qu’ils feront avec nous, même s’ils ne le soupçonnent même pas.
Par Remugle
Enfin, la béance d’un cri qui n’en fini pas de résonner.
Un désir d'exister en tant qu'individus et masse mouvante à la fois, contagieuse séduction, nous pousse à propager la mauvaise parole sans trêve au risque de cultiver l'oppression et la tyrannie, un simple transfert de ce que nous vivons au quotidien,
J’accepte que notre proposition soit dénuée de sens, même que ce ne soit pas une proposition, surtout de l’esbroufe, histoire de se divertir, de faire semblant d’être libre, peu importe je sais que j’ai raison, nous savons que nous avons raison.
Etre injuste est le dernier luxe que l’on se permet lorsqu’on n’a plus aucune illusion vis-à-vis du monde qui nous entoure. C’est là qu’on décide que ce sera le monde qui nous entourera. Que nous n’aurons plus à faire avec, qu’ils feront avec nous, même s’ils ne le soupçonnent même pas.
Par Remugle
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